En portage salarial, le congé paternité suit les mêmes règles que dans le salariat classique. En pratique, le salarié porté doit souvent coordonner la société de portage, l’Assurance maladie et parfois France Travail si une période sans mission ou une allocation complique le dossier. C’est souvent là que naissent les retards d’indemnisation, les erreurs d’attestation de salaire ou les incompréhensions sur le bulletin de paie.
Voici l’essentiel sur les conditions d’accès, la durée du congé en 2026, le fractionnement, les démarches, les IJSS et les points de contrôle sur la paie.
Qui peut en bénéficier et sous quelles conditions ?
Le salarié porté est un salarié du secteur privé. Il bénéficie donc du congé de paternité et d’accueil de l’enfant dans les mêmes conditions que les autres salariés, à condition d’avoir un lien contractuel avec la société de portage au moment du départ en congé. Les règles générales figurent sur Service-Public.fr et dans le Code du travail : articles L1225-35 à L1225-36.
Ce congé n’est pas réservé au seul père biologique. Il peut aussi être pris par le conjoint de la mère, le partenaire de Pacs ou la personne vivant maritalement avec elle, dans les cas prévus par Service-Public.fr.
En portage, la question est moins celle de l’éligibilité que celle de la bonne organisation du dossier. La société de portage reste l’employeur. C’est donc elle qui reçoit la demande, traite l’absence en paie et transmet les éléments nécessaires à l’indemnisation, selon le Code de la sécurité sociale : articles L331-8 à L331-9.
Points de vigilance spécifiques au portage : le client ne peut ni autoriser ni refuser le congé, la demande doit être adressée à la société de portage, l’indemnisation dépend des règles des IJSS, pas de la seule situation commerciale de la mission, le bulletin de paie peut être plus difficile à lire en cas de subrogation ou de régularisation
Il faut aussi anticiper les justificatifs utiles : information de l’employeur dans le délai requis, document lié à la naissance ou à la situation ouvrant droit au congé, et vérification que l’Assurance maladie pourra instruire le dossier. En pratique, un échange oral avec un gestionnaire ne suffit pas. Mieux vaut une demande formalisée et datée.
Durée du congé paternité en 2026 et fractionnement

La durée légale applicable en 2026 reste celle rappelée par Service-Public.fr et encadrée par le Code du travail : articles L1225-35 à L1225-36.
Pour une naissance simple, vous avez droit à :
- 3 jours de congé de naissance
- 25 jours calendaires de congé de paternité et d’accueil de l’enfant
Sur ces 25 jours, une première période de 4 jours calendaires doit être prise immédiatement après le congé de naissance. Le solde, soit 21 jours calendaires, peut ensuite être pris en une seule fois ou fractionné selon les modalités prévues par Service-Public.fr.
En cas de naissances multiples, le congé de paternité et d’accueil de l’enfant passe à 32 jours calendaires.
| Situation | Durée |
|---|---|
| Congé de naissance | 3 jours |
| Période obligatoire de congé paternité | 4 jours calendaires |
| Période complémentaire en cas de naissance simple | 21 jours calendaires |
| Total naissance simple | 28 jours |
| Total naissances multiples | 35 jours |
Le fractionnement peut être utile en portage pour organiser une passation avec le client ou éviter une interruption trop brutale de mission. Mais il doit respecter le cadre légal : les 4 jours obligatoires doivent suivre immédiatement le congé de naissance, la période complémentaire peut être fractionnée dans les limites prévues par Service-Public.fr, l’ensemble doit être pris dans le délai légal après la naissance
Démarches auprès de la société de portage, de la CPAM et, si besoin, de France Travail

Sur ce sujet, l’ordre des démarches est décisif.
Auprès de la société de portage
Vous devez prévenir votre employeur au moins un mois avant la date de début du congé, en indiquant la date prévisionnelle de l’accouchement, la date de départ souhaitée et, le cas échéant, les périodes fractionnées. Ce cadre est rappelé par Service-Public.fr.
En portage, il est prudent de : demander un accusé de réception écrit, faire confirmer le traitement de l’absence sur la paie, clarifier l’impact éventuel sur les frais, variables, réserve ou autres mécanismes propres au contrat de portage
Auprès de l’Assurance maladie
L’indemnisation repose sur le Code de la sécurité sociale : articles L331-8 à L331-9. En pratique, la CPAM doit disposer d’un dossier complet, notamment via l’attestation de salaire transmise par l’employeur.
À vérifier de votre côté : les dates de congé transmises correspondent bien à votre demande, les justificatifs de naissance ou de situation familiale sont disponibles, votre caisse dispose de coordonnées à jour
Si la société de portage pratique la subrogation, elle perçoit les IJSS puis vous les reverse sur la paie. Sinon, la CPAM vous les verse directement. Cela change la lecture du bulletin, pas le droit au congé.
En cas de situation liée à France Travail
Les sources fournies ne détaillent pas de régime spécifique. Le point de prudence est simple : en cas de reprise récente d’activité, de période d’intermission ou d’articulation avec une allocation, il faut signaler le congé et vérifier les conséquences administratives auprès de l’organisme concerné.
IJSS et bulletin de paie : ce qu’il faut contrôler

Le calcul des indemnités journalières de sécurité sociale relève du Code de la sécurité sociale : articles L331-8 à L331-9. Avec les seules sources disponibles, le point essentiel est le suivant : le congé paternité ouvre droit à des IJSS si les conditions d’ouverture de droits sont remplies.
En portage, il ne faut pas regarder seulement le net à payer. Il faut contrôler l’ensemble de la mécanique.
Le bulletin peut faire apparaître, selon les pratiques de la société de portage : une absence pour congé paternité réduisant le salaire lié à l’activité, les IJSS, en déduction ou à titre d’information, un maintien partiel ou une régularisation en cas de subrogation, une baisse des éléments variables liés à une activité effectivement réalisée
Point sensible en portage : une facture client encaissée pendant le congé ne signifie pas automatiquement un salaire identique à celui d’une période travaillée.
Anomalies fréquentes à repérer : dates d’absence erronées entre la demande, l’attestation et la paie, attestation de salaire tardive ou incomplète, IJSS non visibles alors qu’une subrogation avait été annoncée, maintien de frais ou de retenues sans explication claire, confusion entre congé paternité et absence non rémunérée
L’Insee rappelle l’évolution des salaires et du coût du travail. Sans changer vos droits, ce contexte renforce l’intérêt de vérifier chaque ligne lorsque la structure habituelle du bulletin est modifiée.

Effets sur les congés payés, l’ancienneté, la mutuelle et la mission client
Le congé paternité suspend l’exécution du contrat de travail, mais il n’efface pas tous les droits.
Pour les congés payés et l’ancienneté, il est assimilé à du temps de travail effectif, selon Service-Public.fr sur les congés payés du salarié dans le secteur privé et le Code du travail : articles L1225-35 à L1225-36. Il n’y a donc pas, en principe, de perte sèche de droits à congés payés du seul fait du congé paternité.
Pour la mutuelle et la prévoyance, le contrat est suspendu et non rompu. La protection collective continue en principe selon les règles applicables dans l’entreprise, sous réserve des conditions du régime. Mieux vaut demander une confirmation écrite sur : le maintien de la mutuelle, l’impact éventuel sur la prévoyance, le traitement des cotisations si la paie du mois est faible
Côté mission client, le droit au congé ne dépend pas de l’accord du client. En revanche, prévenir tôt permet d’organiser : la date réelle d’arrêt de mission, la passation des livrables, les réunions ou astreintes prévues, les modalités de reprise
Le fractionnement de la partie complémentaire peut, dans certains cas, aider à préserver la continuité de mission dans le cadre autorisé par Service-Public.fr.
Checklist avant le départ, envoyer la demande à la société de portage au moins un mois avant le départ, avec les dates précises et l’éventuel fractionnement, conformément à [Service-Public.fr](https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F3156), demander un accusé de réception écrit, vérifier l’enchaînement correct du congé de naissance et des 4 jours obligatoires, confirmer quels justificatifs seront transmis à la CPAM et par qui, demander si la société de portage pratique la subrogation, clarifier l’impact sur les frais, variables, réserve ou éléments spécifiques du contrat, organiser avec le client la passation et la reprise
Questions fréquentes
Le congé paternité est-il différent en portage salarial ?
Non. Le salarié porté relève du droit commun du salariat pour ce congé. Les règles de durée, de délai de demande et de protection du contrat sont celles de Service-Public.fr et du Code du travail : articles L1225-35 à L1225-36.
Puis-je prendre mon congé paternité si je n’ai plus de mission client active ?
Le droit au congé dépend de votre situation de salarié vis-à-vis de la société de portage, pas de l’existence d’une mission active au jour le jour. En revanche, l’indemnisation et la paie supposent un dossier social correctement établi.
Mon client peut-il refuser les dates de mon congé ?
Non. Le client n’est pas l’employeur. Le congé paternité relève de la relation entre le salarié porté et la société de portage, dans le cadre fixé par Service-Public.fr.
Vais-je continuer à acquérir des congés payés pendant mon congé paternité ?
Oui. Le congé paternité est pris en compte selon les règles rappelées par Service-Public.fr sur les congés payés du salarié dans le secteur privé.
Pourquoi mon bulletin de paie baisse alors que des factures client ont été encaissées ?
Parce que l’encaissement commercial et le droit au salaire pendant une absence ne se confondent pas. Pendant le congé, la rémunération repose en tout ou partie sur les IJSS prévues par le Code de la sécurité sociale : articles L331-8 à L331-9.
Que faire si mes IJSS tardent à arriver ?
Vérifiez d’abord : que la société de portage a bien transmis l’attestation de salaire, que les dates du congé sont cohérentes dans tous les documents, que vous savez si la subrogation s’applique
Si tout est correct, contactez votre caisse pour suivre l’instruction du dossier.

