En portage salarial, l’arrêt maladie obéit aux règles du salariat classique, avec une difficulté supplémentaire liée au compte d’activité, à la paie et au rôle de la société de portage. En 2026, le consultant porté reste juridiquement un salarié. En cas d’arrêt prescrit, il peut donc relever du régime général pour les indemnités journalières, tandis que la société de portage doit assurer les formalités employeur, notamment l’attestation de salaire et, selon les cas, la subrogation.
L’enjeu ne se limite pas à savoir si vous serez indemnisé. Il faut aussi comprendre qui paie, à quel moment, sur quelle base, et comment vérifier que le bulletin de paie comme le compte d’activité reflètent correctement la situation. Entre les règles générales applicables aux salariés du privé, les conditions d’ouverture des droits aux indemnités journalières et les spécificités du portage salarial reconnu par l’ordonnance de 2015, quelques vérifications s’imposent.
En portage salarial, êtes-vous traité comme un salarié en cas d’arrêt maladie ?
Oui. Le salarié porté signe un contrat de travail avec la société de portage. L’ordonnance relative au portage salarial confirme ce cadre. En cas d’arrêt maladie, vous ne relevez donc pas d’un statut intermédiaire moins protecteur que celui d’un autre salarié du privé.
En pratique, cela signifie que : votre arrêt peut ouvrir droit aux indemnités journalières de l’Assurance maladie si les conditions sont remplies, la société de portage est votre employeur pour les obligations déclaratives, la paie peut inclure un complément employeur ou une subrogation selon la situation, le fait que votre rémunération dépende de votre activité facturée n’efface pas vos droits sociaux de salarié
La particularité du portage tient à la mécanique de paie. Le salaire n’est pas toujours fixe et peut dépendre du chiffre d’affaires encaissé, des frais de gestion, des charges sociales et d’une éventuelle réserve. En cas d’arrêt maladie, il faut donc distinguer : les indemnités journalières versées par l’Assurance maladie, le maintien de salaire ou complément employeur lorsqu’il existe, les effets de l’arrêt sur le compte d’activité et sur le versement du salaire porté
Quelles conditions faut-il remplir pour toucher des indemnités journalières ?
Les indemnités journalières maladie ne sont pas automatiques. Comme pour tout salarié du privé, elles supposent de remplir des conditions d’ouverture de droits. La référence la plus utile reste la page ameli consacrée aux conditions d’obtention, au calcul et au versement des indemnités journalières maladie.

Pour un arrêt de moins de six mois, ameli rappelle qu’il faut notamment remplir l’une des conditions suivantes au moment de l’interruption de travail : avoir travaillé au moins 150 heures au cours des 3 mois civils ou des 90 jours précédant l’arrêt, avoir cotisé sur un salaire au moins égal à 1 015 fois le montant du Smic horaire pendant les 6 mois civils précédant l’arrêt
En portage salarial, ces critères appellent une vigilance particulière. L’activité peut être irrégulière, avec des périodes de mission très chargées puis des creux. Si la paie est lissée ou si certaines facturations sont décalées, il faut vérifier que les cotisations ont bien été portées sur les bonnes périodes.
L’Assurance maladie calcule vos droits à partir des informations transmises par l’employeur. En portage, cette étape dépend donc de la société de portage. L’attestation de salaire est indispensable pour permettre à la caisse d’examiner vos droits et de déterminer le montant des IJ. Si elle est transmise en retard, incomplète ou erronée, le paiement peut être décalé.
Dès le début de l’arrêt, mieux vaut sécuriser quelques points : transmettre l’avis d’arrêt selon les modalités prévues, prévenir rapidement votre interlocuteur paie ou RH dans la société de portage, demander confirmation de l’envoi de l’attestation de salaire, conserver vos bulletins récents en cas de vérification
Comment sont calculées les IJSS en 2026 ?
Le principe de calcul est simple. L’indemnité journalière maladie correspond à 50 % du salaire journalier de base. C’est la règle de référence rappelée par ameli pour les salariés du régime général.

Le salaire journalier de base est calculé à partir des salaires bruts retenus selon les règles de l’Assurance maladie. En pratique, un consultant porté ne perçoit donc pas, pendant son arrêt maladie, l’intégralité de son salaire habituel, sauf si un complément employeur ou un dispositif conventionnel vient s’y ajouter.
Il faut aussi tenir compte d’un plafond. Les montants maximum des indemnités journalières sont publiés par ameli. Il ne faut donc pas raisonner uniquement en pourcentage de votre rémunération habituelle, surtout si vos revenus en portage sont élevés.

En portage salarial, beaucoup de consultants raisonnent d’abord en chiffre d’affaires ou en net mensuel cible. Or les IJSS sont calculées à partir de bases de salaire brut déclarées, et non à partir de la facturation client ou du revenu projeté.
| Élément | Ce qu’il signifie en arrêt maladie |
|---|---|
| Chiffre d’affaires facturé | Ne sert pas directement de base au calcul des IJ |
| Salaire brut soumis à cotisations | Sert à apprécier les droits et la base de calcul |
| IJSS | Versées par l’Assurance maladie selon les règles applicables |
| Complément employeur | Peut compléter selon les conditions et le traitement de paie |
| Réserve ou compte d’activité | Peut influencer le versement salarial interne, mais ne remplace pas les IJ |
Ce que la société de portage doit faire en pratique
La société de portage joue un rôle central, mais il faut distinguer ses obligations administratives et ce qu’elle verse réellement.
Elle doit d’abord transmettre l’attestation de salaire en cas d’arrêt de travail. Sans ce document, la caisse ne peut pas traiter normalement l’indemnisation.
Ensuite se pose la question de la subrogation. La subrogation de salaire permet à l’employeur de percevoir les indemnités journalières à la place du salarié lorsqu’il maintient le salaire pendant l’arrêt. Dans ce cas, vous recevez votre rémunération via la paie et l’employeur récupère les IJ auprès de la caisse.
La subrogation n’est pas automatique. Certaines sociétés de portage la pratiquent lorsqu’un maintien de salaire est prévu, d’autres seulement dans certaines situations. Pour le salarié porté, la différence est concrète : avec subrogation, le flux passe en principe par la paie, sans subrogation, les IJ peuvent être versées directement par la caisse, avec un éventuel complément distinct de l’employeur
Les règles applicables aux salariés du secteur privé en cas de maladie prévoient aussi, sous conditions, un complément versé par l’employeur en plus des indemnités journalières. En portage salarial, ce principe n’est pas exclu, mais sa mise en œuvre dépend notamment de la situation du salarié, de son ancienneté et du traitement retenu par la société de portage dans le respect des règles applicables.
Le bon réflexe consiste à demander par écrit : si un maintien de salaire est prévu, si la société de portage pratique la subrogation, comment les lignes seront présentées sur le bulletin, quel sera l’impact de l’arrêt sur votre compte d’activité

Les vérifications à faire sur la paie et le compte d’activité
Un arrêt maladie mal traité se repère souvent au moment de la paie. En portage salarial, le contrôle doit être particulièrement attentif.
Sur le bulletin de paie, vérifiez au minimum : que l’absence ou la réduction du salaire correspondant à la période non travaillée est cohérente avec l’arrêt, que les lignes d’indemnisation sont compréhensibles, notamment en cas de subrogation, que le complément employeur, s’il existe, apparaît clairement, qu’aucune retenue ou compensation opaque n’est imputée sans explication, que les bases de cotisations et le net versé restent cohérents
Si le bulletin n’est pas lisible, demandez un détail écrit. En portage salarial, les erreurs viennent souvent d’un mélange entre paie, réserve, régularisation de mission et indemnisation d’arrêt.
Sur le compte d’activité, contrôlez aussi : que la réserve financière n’a pas été mobilisée sans explication, que les frais de gestion n’ont pas été appliqués sur des sommes qui n’avaient pas à l’être, que les éléments de facturation client sont bien séparés des flux liés à l’arrêt maladie, que les reports d’encaissement ou de salaire sont correctement tracés
Que faire en cas de retard, d’erreur d’attestation ou de désaccord ?
Quand un arrêt maladie se passe mal, le problème vient souvent d’un maillon précis. Les cas les plus fréquents sont les suivants : l’Assurance maladie attend l’attestation de salaire, l’attestation a bien été envoyée, mais comporte une erreur sur les salaires ou sur les dates, la société de portage et le salarié n’ont pas la même lecture du maintien de salaire ou de la subrogation
Commencez par reconstituer le dossier. Demandez à la société de portage : la date d’envoi de l’attestation, une copie ou un récapitulatif des données transmises, la confirmation de la subrogation ou de son absence, l’explication du calcul retenu sur le bulletin
Rapprochez ensuite ces éléments de vos bulletins récents et de votre arrêt. Si l’attestation est erronée, la correction doit partir de l’employeur.
Si le retard concerne le versement des IJ, votre interlocuteur naturel reste la caisse, mais sur la base d’un dossier complet. Si le désaccord porte sur la paie ou sur le maintien de salaire, formalisez votre demande auprès de la société de portage par écrit, pièces justificatives à l’appui.
Questions fréquentes
En portage salarial, suis-je affilié comme un salarié pour l’arrêt maladie ?
Oui. Le salarié porté relève d’un contrat de travail avec la société de portage dans le cadre défini par l’ordonnance relative au portage salarial. Pour l’arrêt maladie, vous êtes donc traité comme un salarié du privé.
Qui envoie l’attestation de salaire à l’Assurance maladie ?
C’est l’employeur, donc la société de portage. Cette attestation de salaire est indispensable pour l’étude de vos droits et le calcul des indemnités journalières.
Les IJSS couvrent-elles tout mon revenu habituel en portage ?
Non. L’indemnité journalière maladie correspond à 50 % du salaire journalier de base, dans la limite des montants maximum publiés par ameli. Un complément employeur peut réduire l’écart, selon les conditions applicables.
La société de portage doit-elle forcément pratiquer la subrogation ?
Non. La subrogation suppose que l’employeur maintienne le salaire et choisisse ce mécanisme dans les conditions prévues. Elle n’est pas systématique.
Que vérifier en priorité sur ma paie après un arrêt maladie ?
Regardez la cohérence entre la période d’absence, les lignes d’indemnisation, un éventuel complément employeur et les mouvements sur votre compte d’activité. En cas de doute, demandez une explication écrite.
Que faire si mes indemnités tardent à arriver ?
Commencez par vérifier que l’attestation de salaire a bien été transmise et qu’elle est correcte. Demandez si besoin la date d’envoi et les éléments déclarés. Ensuite, faites le lien avec la caisse et, si le désaccord porte sur la paie, formalisez votre demande auprès de la société de portage.

