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Qu'est-ce que le portage salarial ?

Définition officielle, principe tripartite et statut hybride du portage salarial.

Le portage salarial est un dispositif qui permet à un consultant indépendant d'exercer son activité sous le statut de salarié. Le consultant signe un contrat de travail avec une société de portage salarial, qui devient son employeur légal, tout en conservant sa totale liberté dans la gestion de son activité professionnelle. Cette formule hybride combine la sécurité du salariat et l'autonomie de l'indépendance. Le dispositif est défini par le Code du travail (L.1254-1 et s.) et présenté sur travail-emploi.gouv.fr.

Introduit en France dans les années 1980 et encadré par l'ordonnance du 2 avril 2015, le portage salarial repose sur une relation tripartite : le consultant porté, la société de portage (employeur) et le client final. Ce dernier règle les factures à la société de portage, qui prélève ses frais de gestion (généralement 7 à 11 % du CA) puis verse au consultant un salaire net après cotisations sociales. En 2026, le salaire net représente en pratique 48 à 65 % du chiffre d'affaires HT facturé selon les frais et la convention. Le flux financier et juridique est ainsi clairement séparé : vous travaillez pour le client, mais c'est votre employeur (la société de portage) qui perçoit la rémunération et vous la reverse sous forme de salaire.

Le portage salarial s'adresse exclusivement aux activités de conseil, d'expertise ou de prestation intellectuelle. Les professions réglementées (avocats, médecins, architectes) et les services à la personne sont exclus. Le consultant doit justifier d'une qualification (diplôme Bac+2 ou équivalent, ou 3 ans d'expérience) et d'une autonomie dans l'exécution des missions. Ces critères, fixés par le Code du travail, garantissent que le portage reste un dispositif d'accompagnement des experts et non un contournement des règles de l'intérim ou du travail temporaire.

En pratique, le portage salarial répond à un besoin croissant : celui des professionnels qui souhaitent enchaîner des missions chez différents clients sans créer leur propre société, ni renoncer à la protection sociale. Développeurs, consultants en management, formateurs, ingénieurs conseil : tous ces profils peuvent exercer en portage à condition que leurs prestations relèvent de l'expertise intellectuelle et non de l'exécution de tâches opérationnelles ou de la mise à disposition de main-d'œuvre. Consultez notre guide sur les métiers éligibles pour la liste détaillée.

La croissance du secteur témoigne de l'intérêt : plus de 200 000 consultants exercent aujourd'hui en portage en France. Les sociétés de portage, regroupées au sein du syndicat PEPS, respectent une charte déontologique et un cadre légal strict. Pour le consultant, le portage offre donc une alternative crédible entre le salariat classique (peu flexible) et la création d'entreprise (complexe administrativement). Vous pouvez comparer les sociétés de portage sur PortageMatch pour trouver celle qui vous correspond.

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Le principe tripartite

La relation tripartite est le fondement juridique du portage salarial. Le client vous missionne et règle la société de portage. La société de portage vous emploie et vous verse votre salaire. Vous exécutez les prestations chez le client. Cette séparation des rôles évite toute relation directe de subordination avec le client et garantit le statut salarié. En d'autres termes : vous avez un employeur (la société de portage) et des clients (les entreprises pour lesquelles vous intervenez). La confusion entre ces deux types de relations est la source de nombreux litiges dans d'autres dispositifs ; le portage l'évite par construction.

Le client n'est pas votre employeur : vous ne dépendez pas de lui pour votre rémunération. La société de portage assume l'employeur légal et toutes les obligations qui en découlent : contrat de travail, bulletins de paie, cotisations, congés. Vous conservez néanmoins l'autonomie dans l'exécution technique de vos missions. Le client définit les livrables et les objectifs ; vous organisez votre travail, vos méthodes et votre emploi du temps. Cette autonomie est essentielle : elle distingue le portage du travail temporaire, où le salarié intérimaire est en mise à disposition et souvent sous la subordination directe de l'entreprise utilisatrice.

En cas de litige avec un client (retard de paiement, contestation de facture, conflit sur les livrables), c'est la société de portage qui gère la relation contractuelle. Vous n'êtes pas exposé personnellement aux risques de recouvrement. En revanche, un impayé prolongé peut retarder votre salaire si la société attend l'encaissement pour vous verser. Les modalités exactes dépendent du contrat que vous signez.

Statut hybride : salarié et indépendant

En portage salarial, vous êtes juridiquement un salarié. Vous bénéficiez de la protection sociale complète : assurance chômage, retraite, congés payés, mutuelle, indemnités maladie. En revanche, vous prospectez vos clients, négociez vos tarifs et organisez votre emploi du temps comme un indépendant. Cette double nature explique pourquoi le portage est souvent qualifié de « statut hybride » : vous cumulez les avantages du salariat (sécurité, simplicité administrative) et ceux de l'indépendance (liberté commerciale, choix des missions).

Cette combinaison unique explique la popularité croissante du portage : plus de 200 000 consultants en France l'ont adopté. Idéal pour les professionnels qui enchaînent les missions sans vouloir créer une société, ni assumer les contraintes de l'auto-entrepreneur (absence de chômage, plafond de CA). L'auto-entrepreneur maximise le net à court terme mais laisse le consultant sans filet en cas de fin de mission. L'EURL ou la SASU offrent plus de marge d'optimisation fiscale mais impliquent une création de société, une comptabilité, et un statut de dirigeant sans assurance chômage. Le portage occupe une position médiane : plus de sécurité que l'AE, moins de complexité que la création de société.

Les secteurs les plus représentés en portage sont l'informatique (développeurs, architectes, chefs de projet), le conseil en management et stratégie, la formation professionnelle, l'ingénierie et l'expertise technique. Ces métiers ont en commun une activité de prestation intellectuelle, des missions de durée variable (3 à 36 mois), et un besoin de flexibilité. Le portage s'est naturellement imposé comme une solution adaptée. Explorez le portage salarial par métier pour découvrir les TJM et spécificités de chaque profil.

Historique et cadre légal

Le portage salarial est né dans les années 1980, d'abord de manière informelle, puis progressivement structuré par les acteurs du secteur. L'absence de cadre légal clair a longtemps laissé place à des interprétations variables. C'est l'ordonnance du 2 avril 2015 qui a donné au portage sa définition officielle et ses règles dans le Code du travail (articles L.1254-1 et suivants). Depuis lors, le dispositif est pleinement reconnu et encadré. Une convention collective de la branche des salariés en portage salarial régit le secteur depuis le 1er juillet 2017.

Les sociétés de portage doivent détenir un accord de branche ou d'entreprise pour exercer et justifier d'une garantie financière (au moins 10 % de la masse salariale, art. L.1254-26). Les consultants doivent remplir des conditions de qualification et d'autonomie (Bac+2 ou 3 ans d'expérience ; rémunération minimale d'environ 75 % du plafond mensuel de la Sécurité sociale, soit environ 115 €/jour en 2026). La convention de mission doit être écrite. Le compte rendu d'activité (CRA) est obligatoire. Ces obligations visent à sécuriser le dispositif et à éviter les abus. Pour en savoir plus sur le cadre juridique, consultez nos guides sur l'ordonnance de 2015 et les conditions d'éligibilité.

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Qu'est-ce que le portage salarial ? : questions fréquentes

Qu'est-ce que le portage salarial en une phrase ?
Le portage salarial permet à un consultant indépendant d'exercer son activité sous statut salarié : vous signez un CDI ou CDD avec une société de portage qui gère l'administratif et vous verse votre salaire, tout en conservant la liberté de choisir vos clients et vos missions. Vous prospectez comme un freelance, vous êtes payé comme un salarié.
Le portage salarial est-il un statut juridique ?
Oui. Le portage salarial vous confère le statut de salarié. Vous êtes employé par la société de portage, qui assume les obligations de l'employeur. Le Code du travail s'applique à votre relation de travail. Vous n'êtes ni auto-entrepreneur, ni dirigeant de société. Votre fiche de paie et votre contrat de travail attestent de ce statut.
Qui peut exercer en portage salarial ?
Tout consultant ou expert exerçant une activité de conseil, formation, audit ou prestation intellectuelle, et remplissant les conditions d'éligibilité (qualification Bac+2 ou 3 ans d'expérience, autonomie). Les professions réglementées (avocats, médecins, architectes au sens de la maîtrise d'œuvre) et les services à la personne sont exclus. Consultez notre guide sur les métiers éligibles pour la liste détaillée.
Le portage salarial est-il différent de l'intérim ?
Oui, totalement. En intérim, vous êtes en mise à disposition chez un client, avec un lien de subordination à l'entreprise de travail temporaire. En portage, vous prospectez vos propres missions, vous négociez vos tarifs, et vous gardez une autonomie réelle. Le portage cible les prestations intellectuelles (conseil, expertise, formation) ; l'intérim couvre des missions opérationnelles ou de remplacement. Les cadres juridiques sont distincts.
Combien de consultants sont en portage en France ?
Plus de 200 000 consultants exercent en portage salarial en France. Le secteur est en croissance régulière depuis une quinzaine d'années. Les sociétés de portage sont regroupées au sein du syndicat PEPS (Professionnels du Portage Salarial), qui édicte une charte déontologique et représente la profession auprès des pouvoirs publics.

Guides complémentaires

Pour aller plus loin sur le portage salarial :